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Chers amis du CAFRAD, d’Afrique et du monde;

L’année 2016 qui s’achève a été pour nous une année pleine de travail, d’espérance, de mise en place d’importants projets, d’importantes réalisations et d’attentes variées.

Elle a surtout été une année de consolidation et d’enracinement de notre commune volonté de construire une Afrique plus forte et une institution résolument tournée vers la poursuite de la réappropriation progressive d’une pensée authentique, tout en restant ouverts sur le monde et sur ses mutations.

 Nous avons, grâce à votre contribution, continué de défendre le droit de notre continent et de notre institution à se tracer une trajectoire dans l’histoire contemporaine, à partir d’un référentiel de pensée construit sur des expériences véritablement enracinées sur des principes et valeurs africains, mais aussi, des principes et valeurs compatibles avec ce qu’il est convenu d’appeler des valeurs universelles.

 C’est une démarche à la fois singulière et globale, qui voudrait, comme nous l’avons souvent souligné, être la marque de l’encrage de l’Afrique dans le monde tout en se conservant une nécessaire authenticité.

 Il s’agit d’une construction et d’une trajectoire que nous avons jugées utiles, que vous avez jusqu’alors soutenues avec bonheur et dont nous sommes fiers des premiers succès en termes de repositionnement stratégique et d’affirmation de notre existence autonome et toutefois solidaire des dynamiques actuellement en cours sur le plan international.

L’Afrique, notre continent existe et doit exister en tant qu’espace géographique, mais davantage en tant qu’espace politique intégré. Elle doit être et demeurer un espace culturel mais aussi et davantage, rester un espace de cultures multiformes, où des formes de pensée et de savoirs contribuent à construire le monde.

 L’Afrique doit, plus que jamais, reconstruire progressivement sa dignité et la dignité de ses fils et ses filles, loin des schémas stéréotypés, bâtis sur une histoire très souvent tronquée et biaisée et dont, certains d’entre nous, se sont malheureusement souvent consciemment ou inconsciemment accommodés.

L’Afrique, notre continent, doit reconstruire son rapport à elle-même. Elle doit assumer son histoire, toute son histoire, se rencontrer et définir elle-même son rapport au monde. Elle doit recevoir du monde autant qu’elle lui donne.

C’est le sens du travail que nous avons entrepris depuis deux ans et que l’année qui s’achève nous a permis de réaffirmer et de consolider. C’est un repositionnement que nous avons jugé nécessaire, pour accompagner le rêve des pères fondateurs, après avoir mis en place notre institution dans le but de construire nos administrations publiques et la gouvernance de nos jeunes Etats d’alors durant les premières années d’indépendance.

Entretemps, le CAFRAD, notre institution, a connu des fortunes diverses grâce au courage et à la persévérance de nos dignes devanciers.

Aujourd’hui, c’est d’une Afrique différente qu’il s’agit et c’est un rapport différent au monde qu’il est question de construire à travers l’invention d’une pensée nouvelle, fidèle aux rêves et à la tradition des pères fondateurs. C’est aussi une pensée tout à fait compatible avec les attentes actuelles de nos sociétés et de nos Etats qu’il est question de proposer au monde.

Voilà pourquoi les travaux que nous avons conduits nous ont permis de redéfinir certaines notions dont le contenu et la formulation semblaient vouloir maintenir un type de rapport, aujourd’hui inadapté, à l’évolution de la pensée et incompatible avec notre représentation du monde et de notre rapport à celui-ci.

 C’est le sens du concept de ‘’la Gouvernance Publique Responsable (GPR)’’ devenu la marque du CAFRAD et dont les deux derniers fora ont amplement expliqué les contours à travers la construction d’une certaine idée de l’Etat de Droit, ainsi qu’à travers la dimension culturelle, objet du forum annuel des ministres de mai et juin 2016.

 La Gouvernance Publique Responsable nous a semblé être plus conforme avec notre rapport à nos Etats aujourd’hui, que le concept de bonne gouvernance, (que d’autres concepts proposés) dont la formulation rappelle malheureusement ces concepts aux relents moralisateurs d’une aire supposée «sachante» en direction d’un espace «non sachant» et qu’il faudrait éduquer ou auquel il faudrait apprendre le bon usage et le bon rapport à ce qu’il est convenu d’appeler la chose publique ou l’Etat.

 Certes, d’importants efforts restent encore à accomplir dans certains domaines, mais nous pensons que l’un des moyens de reconstruire le rapport à la gouvernance et à l’Etat, passe par l’invention d’un autre discours et la redéfinition des outils et des pratiques.

Dans cet élan, d’importantes activités ont été menées aussi bien au sein du CAFRAD que dans les pays. Ces activités ont heureusement connu de francs succès; signe que les Etats membres dans leur grande majorité, les Etats non membres et différentes institutions aussi, croient à cette démarche nouvelle que nous voulons mieux enracinée et plus représentative de cette Afrique et de son rapport au monde, à laquelle nous aspirons autant pour nous-mêmes, que davantage encore pour les générations à venir.

Heureusement, les évènements nous donnent raison. Le monde change et il change à une vitesse particulièrement rapide. Des revendications diverses émergent de toute part. Aussi bien au plan régional qu’au plan universel, une demande plus importante de valeurs refait surface et les acteurs majeurs de la scène internationale, comme les autres, se sentent obligés de s’adapter.

Ils s’obligent à inventer de nouvelles voies ainsi que de nouvelles méthodes capables de garantir un nouvel équilibre, autrefois considérablement mis à mal par une vision quelquefois unilatéraliste, uniformisante et quelquefois injonctive.

Sur le plan régional, la conscience et la nécessité de voir émerger une Afrique réconciliée avec elle-même pointe à l’horizon. On voit, progressivement, apparaître à la fois des inquiétudes et des formes variées d’espoir parce que cette Afrique dont on a par le passé utilisé et agité les divisions pour conserver un certain ordre du monde, semble résolument engagée et déterminée à construire un nouvel équilibre tout en remettant conjointement en cause les équilibres ou les déséquilibres d’antan.

 L’Afrique enjeu d’hier, en effet, se constitue progressivement acteur à part entière du jeu international d’aujourd’hui et de demain. C’est un changement majeur que nous accompagnons et que nous soutenons par-delà les résistances qui essaient d’entraver cette opportune et indispensable réforme.

Aussi, notre institution s’est-elle véritablement engagée dans une phase importante de transformation, tant du point de vue de sa stratégie que de celui de sa gouvernance. Elle a ainsi cessé de n’être qu’une institution dérivée pour progressivement s’affirmer en tant qu’espace autonome de discussion, d’invention et de réinvention, d’un discours et d’une pratique spécifique et tout aussi compatible avec les grandes transformations internationales de la Gouvernance publique et de l’Administration.

Cette option ne signifie nullement que l’Afrique doive avoir un mode singulier de gouvernance et de fonctionnement de l’administration publique. Cela signifie, simplement, que l’Afrique et les pays africains, ont une ou des expériences riches et variées, de pratiques administratives et de gouvernance publiques, qu’ils doivent, désormais, codifier et proposer au monde au titre d’expériences objectives et propres, et non plus comme des expériences à décrier parce qu’elles seraient a priori incompatibles avec ce qu’il est convenu de qualifier de modernes.

S’il est vrai que des retards importants sont à souligner dans bien des domaines sur notre aire géographique, il faut tout aussi relever, que le rattrapage de certains de ces retards, dépend autant des efforts nationaux et régionaux, que de la solidarité internationale.

C’est dans ce sens que nous avons mis en place, au sein du CAFRAD, un organe Ad hoc dénommé Comité Consultatif International (CCI) qui rassemble des personnalités d’horizons variés et appartenant à différentes aires géographiques d’Afrique et du monde.

 Ce comité consultatif International, a ainsi pour vocation, de permettre au CAFRAD, d’assumer cette ouverture sur le monde et de rendre plus effective, notre volonté de renforcer notre coopération avec les pays d’Afrique et du reste du monde, d’apprendre d’eux et leur proposer une autre lecture de ce qui se fait désormais au sein de notre institution.

Toujours, dans le sens du renforcement de notre coopération internationale, nous avons accueilli le premier expert Coréen au titre de renforcement des capacités institutionnelles et en matière de ressources humaines de notre institution.

Cette importante coopération avec le Gouvernement de la République de Corée du Sud, constitue, à l’évidence, l’un des plus importants exemples de la Confiance et de coopération qui existe entre le CAFRAD et la République de Corée du Sud.

Notre souhait, est de voir cette expérience constituer un exemple pour d’autres pays ainsi que pour d’autres institutions; Le CAFRAD y est disposé et est prêt à accompagner ces importantes initiatives.

Dans les jours à venir, un accent sera davantage mis sur les échanges d’expertises et de savoirs, ainsi que la collaboration dans différents projets d’intérêts communs. C’est le sens de l’accord de coopération que nous avons signé avec le Commissariat au Développement Institutionnel de la République du Mali (CDI) le 26 Novembre 2016.

C’est également le sens de l’accord de coopération que nous avons conclu le 21 décembre 2016 avec la CGLU et l’ALGA, dont les détails sont disponibles sur notre site. C’est en plus et davantage, le sens de la coopération que nous signerons prochainement avec deux institutions allemandes à savoir: l’université de Kehl et l’IRZ dont les détails seront communiqués dans un très proche avenir.

D’autres initiatives de cet ordre, comme nous l’avons indiqué par le passé, sont en cours de négociation. Notre objectif étant, de donner au CAFRAD, la place centrale qu’il mérite dans le dispositif institutionnel africain, en matière d’accompagnement des transformations positives des administrations publiques et de la gouvernance.

C’est le lieu ici de remercier du fond du cœur, toutes les institutions ainsi que les personnes et personnalités qui nous ont jusqu’alors fait confiance et dont nous sommes heureux et fiers de la coopération et de la collaboration. C’est notamment le lieu de remercier la Banque Africaine de Développement à travers son Président, ses vices président et ses bureaux nationaux et son bureau régional.

C’est aussi le lieu de remercier de façon particulière, l’ensemble des gouvernements Africains et notamment du Royaume du Maroc à travers le Ministre Mohamed Moubdi qui a récemment quitté ses fonctions, pour son soutien constant et son engagement aux côtés du CAFRAD.

C’est aussi le lieu de remercier le Gouvernement de la République du Cameroun, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, le Gouvernement de la République du Mali, et le Gouvernement de la République du Congo (Brazzaville) pour avoir accepté d’abriter certaines des activités du CAFRAD sur leur territoire.

Notre vœu le plus cher est de voir ces initiatives se multiplier pour renforcer notre présence à l’intérieur des pays et contribuer progressivement de permettre aux institutions africaines de prendre en charge les réformes et la modernisation de leurs institutions et administrations publiques.

 Dans le même ordre d’idée, nous nous sommes engagés à continuer d’accompagner et de récompenser les efforts de modernisation de nos administrations publiques. C’est ainsi que dans les prochains jours, nous procèderons au lancement officiel de la seconde édition du Prix Panafricain du Service Public dont la première édition en juin dernier a connu un franc succès.

A cette occasion, chaque pays membre, sera saisi conformément au règlement y afférent. C’est ici l’occasion d’inviter tous les pays membres à s’y préparer sérieusement pour que cet évènement soit, une fois de plus, une fête pour la modernisation de l’Administration publique africaine et la construction ainsi que la valorisation des initiatives allant dans le sens de son développement.

Sur un tout autre plan, le CAFRAD continue, heureusement, sa transformation interne grâce au précieux concours du Gouvernement du Maroc. C’est ainsi que le projet de déplacement du siège du CAFRAD de Tanger vers la ville de Rabat prendra effet dans les tous prochains jours.

 Par cet important changement, le CAFRAD entend se rapprocher des autres institutions internationales installées sur le territoire du Royaume. Il entend encore mieux se déployer et assumer plus efficacement ses importantes missions.

 Le prochain forum des ministres de la modernisation de l’Administration et ainsi que la 55e session du Conseil d’administration les 4, 5 et 6 juillet 2017, seront l’occasion de procéder à l’inauguration officielle de cet important bâtiment. Ce sera aussi l’occasion, de remercier certaines personnalités importantes pour leur rôle majeur, dans la transformation positive de notre institution.

Mesdames et Messieurs,

            Comme nous l’avons toujours indiqué, notre ambition première est de donner au CAFRAD le prestige et la place qu’il mérite. Voilà pourquoi, d’importants changements indispensables sont en cours de réalisation. Nous y travaillons sans relâche et avec une profonde détermination. C’est ainsi que les propositions de réformes arrêtées par les différentes sessions du Conseil d’Administration, sont en cours de mise en œuvre. La plupart le sont déjà et d’autres vont être faites dans les tous prochains jours.

 Il y a en effet deux ans, nous avons amorcé ensemble un certain nombre de transformations de notre institution dans des conditions particulièrement difficiles. Patiemment et de façon suivie et déterminée, nous avons travaillé à consolider ce qui devait l’être et à améliorer certains aspects de la gouvernance de notre institution. Aujourd’hui, en effet, nous pouvons dire, que le CAFRAD vit bel et bien.

Certes, il y reste encore quelques réformes à opérer. Mais, aussi bien sur le plan du discours que sur le plan de la présence, du rayonnement ainsi que sur le plan des sollicitations du CAFRAD, notre institution est plus que jamais présente dans les grands débats qui concernent l’administration publique et les stratégies de réformes en Afrique. C’est le sens de la vingtaine de conventions de coopération que nous avons signées depuis 2014. C’est également le signe évident d’une confiance de plus en plus retrouvée.

Ces témoignages légitimement élogieux de notre action, ne doivent point nous faire perdre de vue la nécessité de conserver un engagement constant au service de nos pays, car rien n’est permanent. C’est pourquoi, je voudrais inviter une fois de plus les Etats membres à continuer de soutenir notre action plus et mieux que par le passé. C’est une responsabilité et un devoir moral pour chacun d’entre nous pour reconstruire un nouveau type de citoyenneté mais surtout pour construire l’avenir et la prospérité de nos Etats.

 Il ne me reste qu’à vous adresser à tous, Mesdames et Messieurs, chers amis, mes vœux de santé, de bonheur et de prospérité pour l’année 2017 et de vous redire la détermination de toutes nos équipes à continuer d’accompagner les efforts de nos différents Etats, ainsi que la modernisation de nos administrations publiques, conformément aux engagements que nous avons pris et conformément au mandat que nous avons reçu.