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Séminaire de suivi et d’évaluation en matière d’opérationnalisation de la Gestion Axée sur les Résultats

 

Contexte et Justification

Depuis les indépendances, les pays africains se sont lancés dans des programmes rigoureux d’ampleurs variées visant à réformer le secteur public, la fonction publique et les institutions de l’Etat. Ces programmes visaient également à développer une meilleure qualité du service rendu aux citoyens. Ces deux dernières décennies, des efforts de réforme ont pris une dimension encore plus importante avec un intérêt particulier pour l'innovation et la modernisation de l'administration publique ainsi que pour  la transformation de la fonction publique en général. Force est de constater cependant que ces efforts semblent, jusqu’à ce jour, ne pas donner les résultats escomptés.

Aussi bien dans le cadre des programmes de campagnes électorale qu’en dehors, les hommes politiques  redoublent d’imagination afin de réaliser leurs objectifs et notamment ceux de construire des projets de développement conformes avec les promesses de campagne et compatibles avec les attentes des populations ainsi qu’avec leurs visions.

Mais dans la plupart du temps, ces projets et programmes se heurtent à d’énormes difficultés liées, le plus souvent, non pas comme on le dit couramment à un déficit de volonté politique, mais davantage du fait d’un déficit de construction de mécanismes rigoureux de suivi et d’évaluation des projets et programmes mis en place. Ce déficit se fonde d’ailleurs à bien des égards sur une insuffisance de personnels qualifiés en la matière mais, aussi parfois, par des formes variées de dispersion d’énergies et de ressources qui ne permettent malheureusement pas toujours de réaliser de façon efficace et optimales les ambitions par ailleurs nobles. C’est ainsi qu’il semble bien souvent apparaître comme une dichotomie entre les discours des leaders et les résultats observables sur le terrain.

A l’observation pourtant, la GAR apparait comme une des réponses les plus adaptées pour parvenir à juguler cette apparente dichotomie au regard des propositions de solutions qu’elle offre et des moyens qu’elle se propose d’apporter pour accompagner les Etats dans la conduite moins risquée de leurs projets et programmes. Elle offre notamment un cadre logique d’analyse de nature à répondre au mieux aux différents problèmes que soulèvent la gestion des projets et programmes. D’où la nécessité de réfléchir sur l’un de ses pans qu’est la problématique du suivi et de l’évaluation objet du présent séminaire.

En effet, la GAR se veut être une méthode qui mette au centre et au bout de l’activité la réalisation effective de résultats, mais qui, pour ce faire, exige une subordination à ses principes et notamment à l’obligation de suivre et d’évaluer régulièrement et rigoureusement chacune des étapes de l’avancement du projet ou programme. Mais la question centrale n’est donc pas simplement de savoir ce que signifie évaluer, ou encore pourquoi évaluer mais il est plutôt question de savoir  comment évaluer si tant est que l’objectif reste à terme la réalisation d’un résultat.

Aussi, faut-il préciser que pour évaluer il faut être en possession de certaines informations utiles. D’où les idées d’ouverture, de transparence, de responsabilisation et d'engagement en vue de l’atteinte des résultats correspondant aux attentes et aux objectifs de départ.

Le suivi et l’évaluation dans l’implémentation de la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) est donc une phase indispensable dans le processus de mise en œuvre de la GAR. S’il est vrai que le discours sur la GAR est bien connu dans la plupart des pays, il reste tout aussi vrai cependant que le processus de suivi et d’évaluation, pourtant central dans la réalisation effective des résultats, reste peu maîtrisé par les parties impliquées tant dans la chaîne de production des résultats dans les administrations publiques, mais aussi dans les autres organes  ayant appliqué ces principes.

Longtemps considérés comme l’apanage d’un certain type d’institutions, la GAR et son pendant le suivi et l’évaluation des projets et programmes, constituent l’essentiel sinon l’élément majeur de tout mécanisme de gestion efficace. C’est pourquoi, le CAFRAD ainsi que ses partenaires lui a consacré une part importante de ses activités à travers diverses rencontres organisées notamment à Cotonou(2007), à Yaoundé(2008), à Tanger(2009) à Rabat(2009); à Banjul(2010) à Rabat (2011), à Tanger (2013) puis a accompagné des initiatives nationales dans ce sens notamment à Bamako à la fin de l’année 2016.

Tout cela dénote aussi bien l’attention que les Etats africains portent sur ce mode de gestion, que sur l’importance des questions liées au suivi et à l’évaluation dont les stratégies d’implémentations restent, jusqu’alors, peu maîtrisées par un certain nombre d’acteurs. C’est pourquoi le CAFRAD a fait le choix de revenir sur ces questions et spécifiquement sur cette problématique, pour accompagner les Etats ainsi que les administrations publiques et privées qui souhaitent approfondir leur connaissance à travers des échanges utiles sur les techniques et mécanismes de suivi et d’évaluation en matière d’implémentation de la GAR.

L’enjeu d’une pareille rencontre est non seulement de favoriser les échanges entre les experts et les responsables des administrations publiques dans la mise en œuvre du suivi et l’évaluation de la GAR, mais c’est surtout de permettre aux différentes parties prenantes à ces travaux de partager leurs expériences.

L’autre enjeu est de permettre une meilleure mise en œuvre de la GAR dans des pays qui l’ont adoptée même si quelques discussions importantes surgissent le plus souvent et notamment la question de l’adaptation ou l’adaptabilité des principes posés par la GAR au regard de certains contextes, et enfin il s’agira de revoir l’efficacité de la forme de suivi et d’évaluation opérée dans l’un ou l’autre pays au regard des stratégies mises en place par les différents Etats et administrations ainsi que compte tenu du niveau varié de leur développement.

La participation massive et l'enthousiasme manifestés par les participants au cours des débats durant les séminaires antérieurs constituent un fort témoignage de l'intérêt des décideurs politiques et des technocrates africains pour la GAR. C’est pourquoi, le CAFRAD conformément aux recommandations formulées par les participants au dernier séminaire de 2013, a décidé de poursuivre la réflexion sur la GAR en examinant de plus prés la question du suivi et de l’évaluation, sa forme, ses exigences méthodologiques afin de donner aux décideurs politiques ainsi qu’aux responsables de la mise en œuvre des politiques, les stratégies pouvant inéluctablement conduire à des résultats conformes aux espérances envisagées et donc globalement satisfaisants.

Objectif du séminaire

L'objectif principal du séminaire est de fournir aux participants l'occasion d’examiner profondément les questions afférentes et de trouver des réponses pratiques. Plus précisément, le séminaire permettra aux participants de:

  1. Partager et de croiser des idées fondées non seulement sur leur expertise et leurs meilleures pratiques, mais aussi sur leurs diverses expériences nationales et individuelles en GAR;
  2. Renforcer les capacités des administrations publiques et privées présents à ces travaux en matière de suivi et d’évaluation;
  3. Trouver les moyens de s'assurer que les responsables de la planification  (hommes politiques / décideurs), les exécutants (technocrates / fonctionnaires) et les parties prenantes (les masses / bénéficiaires) participent conjointement à la mise en place efficace de la  GAR obéissant à des critères spécifiques et conformes aux standards universellement admis
  4. Examiner les procédures et effet S & E dans la réalisation des projets et programmes gouvernementaux;
  5. Comprendre comment mettre en place un système de suivi et d’évaluation efficace de projets et programmes dans les administrations publiques et privées;
  6. Favoriser la mise en place des stratégies, les cadres juridiques, institutionnelles, infrastructurelles de nature à promouvoir une synergie entre les responsables politiques et les fonctionnaires dans le contexte de la GAR;
  7. Evaluer le chemin parcouru par les différentes administrations publiques et privées en matière de suivi et d’évaluation;

Contenu du programme

  1. Le principe du suivi et évaluation dans la mise en œuvre de la GAR: contenu et caractéristiques;
  2. Conditions et outils nécessaires à la mise en place efficace du suivi et de l’evaluation dans l’implémentation de la GAR;
  3. Les obstacles structurels et culturels à une application rigoureuse du suivi et de l’évaluation dans l’implémentation de la GAR;
  4. Le suivi et l’évaluation appliqués à la GRH dans l’administration publique;
  5. La coopération interafricaine en matière de suivi et d’évaluation  dans l’implémentation de la GAR.

Participants cibles

Le séminaire est organisé à l’intention des décideurs et des managers politiques, économiques et sociaux du pays, c’est-à-dire:

  • Les Ministres de différents Départements;
  • Les Présidents des Cours des Comptes, les responsables des institutions de contrôle et les inspecteurs des services publics;
  • Les Secrétaires Généraux et les Directeurs Généraux des Ministères et des autres institutions étatiques et paraétatiques ;
  • Les parlementaires;
  • Les représentants des organisations de la société civile, du secteur privé et des organisations internationales.

Méthodologie

Les travaux se feront en séance plénière. Ils seront animés par des personnes ressources bénéficiant d’une longue expérience. Ces personnes ressources introduiront les exposés et mèneront les débats. Ceux-ci donneront lieu à des propositions qui feront l’objet d’un rapport, lequel sera présenté, assorti de recommandations et du plan d’action. Les exposés et le rapport feront l’objet d’une publication.

Résultats attendus

Il est attendu qu’après ce séminaire, les participants soient plus sensibilisés à l’utilisation de l’approche d’administration/gouvernance axée sur la performance et les résultats. Il est également attendu que le séminaire serve d’introduction aux formations approfondies ou ateliers spécifiques et pratiques qui seront organisés ultérieurement dans ce domaine.

Frais d’inscription

A titre de contribution aux frais de la conférence, les participants paieront un montant symbolique de 300 $US (Trois cents dollars). Ce montant sera payé le premier jour, au moment de l’inscription.