La Gouvernance Publique Responsable (GPR) : une alternative authentique et universelle pour des services publics et des institutions éthiques, humains et plus efficaces.
Dr. Stéphane Monney Mouandjo DG. CAFRAD Yaoundé Mai 2017
Conférence des écoles et instituts de formation aux carrières diplomatiques
  1. Contexte et justification

La question de l’intégration africaine a, depuis des décennies, été au cœur de la stratégie des Etats africains post-coloniaux. Elle a donné lieu à moult débats et a produit différents rapports et contributions importantes, allant dans le sens de propositions toujours plus innovantes, capables de renforcer le positionnement de l’Afrique dans le concert des nations. Ces rencontres, fortement utiles autrefois, le sont encore aujourd’hui, à un moment où l’Afrique semble de plus en plus revenir au centre d’un certain nombre d’enjeux d’importance planétaire. C’est dans cet environnement protéiforme qu’intervient la problématique de la diplomatie qui, constitue un des axes majeurs d’accompagnement des dynamiques d’intégration d’un espace géographique, tel le continent africain dont l’une des caractéristiques essentielles est la complexité, mais aussi et surtout la diversité.

Comme espace géographique et politique, l’Afrique constitue l’un des continent où se concentre une diversité de cultures sans égale, une mosaïque de populations jeunes et fortement dynamiques, dans un environnement fait d’importantes opportunités, jusqu’alors insuffisamment exploitées. Pareil tableau invite à l’évidence à la réflexion. Une réflexion qui devrait prendre en compte la réalité d’un monde de plus en plus dynamique et interdépendant, dans lequel, malheureusement encore, l’Afrique arrive comme déterminée par les conventions anciennes qui continuent, du reste, à structurer son rapport à elle-même et au Monde.

Les dynamiques d’intégration, autrefois entreprises sous des vocables divers, ont connu des fortunes variées, allant parfois jusqu’à leur dénégation par ceux-là, même qu’elles étaient censées servir. C’est ainsi par exemple que le discours panafricaniste a, à un moment de l’histoire, été considéré, comme suranné et sa pertinence disputée, jusqu’à l’amorce de la renaissance d’une conscience politique africaine, rénovée et plus intégrée, motivée par différents évènements de portée continentale, et l’émergence progressive, en Afrique, d’un nouveau type de Leadership.

Ces transformations importantes, ont induit une approche nouvelle dans les politiques de formation de l’élite africaine, après l’expérience des années de post-colonie, au cours de laquelle, les stratégies des Etats, n’avaient consisté qu’à remplacer numériquement les administrateurs d’antan, sans nécessairement que les priorités n’aient effectivement changé, encore moins la nature même de l’Etat.

Aujourd’hui encore, la question de la particularité et de la réappropriation de l’Etat en Afrique par les africains eux-mêmes, reste d’actualité, de même que, la question de sa destination reste jusqu’alors sujette à discussion.

Alors que les stratégies d’intégration régionales se multiplient et que l’on observe avec intérêt la signature, le 22 Mars, par les Chefs d’Etats, de l’accord de Zone de Libre échange interafricaine à Kigali, il se pose la question de savoir comment rendre viables et pérennes de telles initiatives, sans que la jeunesse africaine et son élite n’en repense sa formation d’une manière générale, et la formation de ses diplomates en l’occurrence.

Il y a quelques années, en effet, l’Organisation Intergouvernementale Panafricaine (CAFRAD), dans sa stratégie de réforme interne, a pris l’initiative de construire une approche, à la fois nouvelle et novatrice, de son action. Elle a ainsi mis sur pied, un programme porté sur la mutualisation continentale des stratégies de formation et d’accompagnement de l’élite africaine, dans sa marche vers son intégration régionale. C’est ainsi, qu’en plus des écoles nationales d’administration et des universités, le CAFRAD a mis en place un programme appelé  «Conférence Panafricaine des Ecoles et Instituts de Formation aux Carrières diplomatiques». Ce programme a donné lieu à deux éditions dont la troisième portera, cette année, sur les politiques de formation dans les écoles et instituts de formation aux métiers de la diplomatie, après les succès de Rabat (Maroc), puis de Yaoundé (Cameroun).

  1. Objectifs

L’enjeu de cette rencontre est pluriel, il vise entre autres:

  1. L’évaluation des politiques de formation dans les écoles et instituts de formation aux métiers de la diplomatie;
  2. La mise en place de programmes intégrés de formation aux métiers de la diplomatie en Afrique, de manière à permettre aux jeunes africains et jeunes diplomates africains d’avoir des profils de formation partagés;
  3. Favoriser des échanges entre les enseignants des écoles de diplomatie d’Afrique et faciliter les rencontres entre les apprenants aux métiers de la diplomatie de nature à construire une diplomatie plus intégrée en Afrique;
  4. Créer un forum panafricain du jeune diplomate qui pourrait, à terme, renforcer le réseau des diplomates africains.
  1. Résultats attendus:
  • Mise en place d’un programme intégré de formation aux métiers de la diplomatie en Afrique;
  • Renforcement et formalisation de la coopération interafricaine en matière de formation aux métiers de la diplomatie par les Ecoles et Instituts de formation aux métiers de la diplomatie;
  • Mise en place d’un comité chargé de l’adoption d’une charte qualité en matière de formation aux métiers de la diplomatie;
  • Adoption d’une conférence triennale d’évaluation des politiques de formation dans les Ecoles Africaines de Diplomatie, sous l’égide du CAFRAD, à côté des conférences annuelles des Ecoles et Instituts de Formation aux métiers de la diplomatie.
  1. Thèmes à débattre:
  1. La politique de formation aux métiers de la diplomatie entre ‘’souverainisme et universalisme’’ de la formation aux métiers de la diplomatie en Afrique;
  2. La condition de formation du diplomate en Afrique et la question de la transversalité de la formation;
  3. Les études stratégiques dans la formation du diplomate en Afrique;
  4. Les contraintes et obstacles à une formation au métier de diplomate en Afrique;
  5. La question de la recherche en étude diplomatique;
  6. L’intégration régionale dans la politique de formation au métier de diplomate;
  7. La question de la reconnaissance des diplomates.

Panels

  • La coopération interinstitutionnelle en matière de formation aux métiers de la diplomatie;
  • Le stage dans la formation du diplomate en Afrique (problématique d’une politique régionale du stage dans la formation au métier de diplomate en Afrique).
  1. Public cible:

Ministères en charge de la Sécurité Intérieure et Extérieure, les Agences Africaines de Coopération Economique et Culturelle des pays africains, Ambassades, Instituts d’Etudes Diplomatiques et Instituts d’Etudes Stratégiques.

  1. Méthodologie:

Les travaux se feront en séance plénière. Ils seront animés par des personnes ressources bénéficiant d’une longue expérience. Ces personnes ressources introduiront les exposés et mèneront les débats. Ceux-ci donneront lieu à des propositions, qui feront l’objet d’un rapport, lequel sera présenté, assorti de recommandations et du plan d’action. Les exposés et le rapport feront l’objet d’une publication.

Lieu: Ouagadougou (Burkina-Faso)

Date: 7- 9 Mai 2018

Durée: Trois jours

Langues de travail: Français et Anglais.

Pour plus d’information sur la conférence ou sur le CAFRAD, veuillez visiter notre site web: www.cafrad.org ou nous contacter à l’adresse ci-après:

CAFRAD (Centre Africain de Formation et de Recherche

Administratives pour le Développement), B.P. 1796,
TANGER 90001 - MAROC
Portable Bureau (+212) 661 30 72 69
Tél. (+212) 539 32 27 07
Fax (+212) 539 32 57 85
e-mail: cafrad@cafrad.org;
Site Web: www.cafrad.org